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Le modèle économique des assureurs bouleversé par le digital 


Le modèle économique des assureurs bouleversé par le digital
Par la Rédaction ORSYS

Big Data, objets connectés, voiture autonome, BlockChain… la révolution numérique modifie en profondeur la profession d’assureur. Elle lui permet d’occuper davantage un rôle de prévention avant, peut-être, de l’écarter définitivement du jeu ?

Le numérique va-t-il remettre en question le principe fondateur de l’assurance ? A savoir la mutualisation. Vous comme moi payons la même cotisation de base quel que soit le risque que nous représentons à titre individuel. Le coût de la couverture est réparti collectivement. Le numérique va-t-il remettre en question le principe fondateur de l’assurance ? A savoir la mutualisation. Vous comme moi payons la même cotisation de base quel que soit le risque que nous représentons à titre individuel. Le coût de la couverture est réparti collectivement.

Par exemple, le souscripteur d’une multirisques habitation dont la maison est détruite par un feu de forêt est indemnisé de manière équivalente à son voisin. Les deux sont assurés à la même compagnie, le premier, nouveau propriétaire depuis une semaine, le second depuis 20 ans. Ce principe de mutualisation suppose un calcul de probabilités le plus fin possible. Sauf qu’à l’heure du Big Data et des objets connectés, les assureurs disposent d’un volume de plus en plus conséquent de données qui leur permettent d’aller beaucoup plus loin dans l’appréciation du risque. Jusqu’à l’assuré considéré, lui-aussi, de façon unitaire.

Qui doit-on assurer dans une voiture sans conducteur ?

Cette individualisation des contrats a déjà commencé dans l’assurance auto. Au concept du « pay as you drive », qui permet aux « petits » conducteurs de bénéficier de tarifs attractifs, se substitue le « pay how you drive », « vous payez comme vous conduisez ». La prime est ajustée en fonction du nombre de kilomètres parcourus, de la zone de déplacement mais aussi du comportement au volant. Un mouchard de type GPS ou boîtier électronique branché sur le port diagnostic du véhicule analyse, à chacun de vos déplacements, vos accélérations, vos coups de frein ou votre tenue de route dans les virages. Avec à la clé, une ristourne pour les conducteurs les plus prudents et, dans certains contrats, une hausse de tarif en cas d’écart de conduite. Axa, Allianz ou la Maaf proposent ce type de formules.

Plus que la voiture connectée, c’est la voiture autonome qui va le plus chambouler le monde de l’assurance. Aujourd’hui, une assurance auto couvre le couple conducteur et automobile. Qui sera assuré demain ? Le constructeur ? Un algorithme ? Uber ou Google qui géreront un parc de voitures-robots en autopartage ?

Se pose aussi la question de la sinistralité sachant que neuf accidents de la route sur dix sont d’origine humaine. Dans Le Journal du Net, le patron de la Maif estime que « 80 à 90% de l'activité automobile des assureurs pourrait disparaître ». Un manque à gagner potentiellement énorme s’agissant d’une assurance obligatoire.

Moins de dégâts des eaux avec les objets connectés

La sinistralité devrait aussi baisser pour les assurances habitation et IARD (Incendie, accidents et risques divers). En les truffant de caméras de surveillance, de capteurs de présence, de détecteurs de fumée, de gaz ou d’eau, nos domiciles deviennent plus sûrs. Les risques de cambriolage, d’incendie, de dégât des eaux ou d’accidents domestiques s’en trouvent d’autant diminués.
Cette domotique 2.0 qu’introduisent les objets connectés permet à l’assureur de changer de rôle. En jouant la carte de la prévention, il devient celui qui évite le danger plutôt que l’homme des mauvais moments qu’on appelle, désemparé, après un sinistre.
Les sociétés d’assurance ne s’y sont pas trompées. Axa ou Allianz se sont rapprochées des fabricants d’objets connectés pour la maison comme MyFox, Nest ou Netatmo. A quand un contrat multirisques habitation dont la baisse de tarif serait conditionnée par l’installation de ce type d’équipements ?

Favoriser le maintien à domicile des seniors

La prévention, c’est aussi et surtout la santé. Au-delà des bracelets d’automesure (quantified self) qui calculent le nombre de pas parcourus ou de calories brûlées dans la journée, il existe des objets connectés dédiés pour la tension, le rythme cardiaque, le taux de glycémie ou la prise de médicaments (pilulier connecté).
Aux Etats-Unis, la startup Oscar a franchi un premier pas en baissant la prime de ses clients qui parcourent 10 000 pas par jour, le minimum d'activité préconisée par l'Organisation Mondiale de la Santé. Le pas suivant serait – dans une vision cauchemardesque de type Big Brother – le refus de souscription d’une assurance vie ou d’une complémentaire santé aux personnes présentant des risques trop importants en fonction de leur profil génomique ou de leur hygiène de vie.

Un sujet plus rassurant, c’est l’apport du numérique dans le maintien à domicile des personnes dépendantes alors que la durée de vie ne cesse s’allonger. Avec les robots compagnons, la télémédecine et les détecteurs de présence signalant les chutes, le placement dans un établissement spécialisé (Ehpad) peut être repoussé de quelques années. Un enjeu sociétal mais aussi économique pour les assureurs qui prennent en moyenne la moitié des frais d’hébergement, de l’ordre de 3 000 à 4 000 euros par mois.

La BlockChain court-circuite les assureurs

Le coup de grâce pour la profession pourrait venir de la BlockChain. Ce système de contrôle décentralisé et infalsifiable introduit la notion de smart contracts. Des « contrats intelligents » qui s’auto-exécutent selon des règles prédéfinies sans intervention humaine, ni tiers de confiance.

Dans le domaine de l’assurance, la BlockChain permettrait, en cas de sinistre, de s’exonérer d’un grand nombre de phases administratives de réclamation et vérification et raccourcirait le délai d’indemnisation. Le site Blockchain France cite l’exemple le cas d’un agriculteur qui se voit automatiquement indemnisé après 30 jours sans précipitations ou de voyageurs en cas de retard de leur vol.

En couplant ces smart contracts aux plateformes collaboratives de type Friendsurance ou Inspeer où des particuliers s’assurent entre eux, l’assureur est définitivement court-circuité. Selon une étude de McKinsey, 45% des tâches menées quotidiennement par les collaborateurs des sociétés d'assurance américaines pourraient être effectuées dès demain par des solutions automatisées.



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