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Chief Digital Officer : un métier stratégique encore méconnu…


Acteur de la transformation digitale des entreprises, le Chief digital officer (CDO) a-t-il des difficultés à s’imposer ? Regard sur ce « nouveau » métier avec Romain Rissoan*, consultant formateur en digitalisation des entreprises.

Selon Strategy & (PwC), le Chief digital officer (CDO) ne serait présent que dans 6 % des entreprises dans le monde**. Auraient-elles des réticences ?


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Le chargé de digital et donc potentiellement le CDO, est parfois perçu comme un « geek », un fou de technologies, qui est là pour moderniser – voire perturber – les habitudes des salariés de l’entreprise. Par ailleurs, ce sont des personnes à forte polyvalence qui peuvent coûter cher. Les entreprises ont pourtant tout intérêt, ne serait-ce que pour leur survie, à envisager la question. En l’occurrence, les organisations dont les besoins administratifs sont importants mourront si elles n’entreprennent pas leur digitalisation.

À l’inverse, on constate également que les entreprises qui se digitalisent réalisent des économies d’échelle importantes et phagocytent le marché grâce aux économies effectuées. Si l’on prend l’exemple du service de dépôt d’annonces légales, inciter à remplir ou modifier un formulaire est préférable à mettre à disposition un opérateur pour traiter la commande par téléphone… Le coût de l’opération est alors réduit à néant et la qualité souvent fidèle à ce que désire véritablement le client.

D’autant que la digitalisation répond au développement normal de l’entreprise. Si l’on veut faire un parallèle, peut-on imaginer une entreprise sans site Web, sans e-mail ? Il en est de même aujourd’hui avec la stratégie digitale. Elle répond aux besoins de l’entreprise de s’inscrire dans une perspective de croissance. La data qui métamorphose, entre autres, le métier d’assureur sur son savoir-faire historique en est l’illustration. S’il se préoccupait auparavant de prévention, de sécurité, l’assureur est désormais amené à gérer des statistiques afin de mieux calculer son risque. L’installation de trackers (capteurs) dans les voitures offre une bonne vision du comportement du conducteur au volant, une attitude agressive induisant plus de risques pour l’assureur. Plus ce dernier dispose d’informations fiables au sujet de l’assuré, plus il adapte ses offres au risque couvert. L’exploitation de la donnée connectée opère un changement stratégique.

Éclairez-nous sur les missions du CDO…

Je vois essentiellement trois axes d’intervention majeurs. Dans un premier temps, le CDO doit identifier les orientations stratégiques de la digitalisation de l’entreprise. N’oublions pas qu’aujourd’hui la plupart d’entre elles sont faiblement digitalisées.

Il lui faut, en outre, être attentif à une véritable cohérence au sein des services de l’entreprise : la transformation digitale d’une organisation ne peut s’effectuer sans prise en compte de l’impact sur ses différents services.

Enfin, le CDO doit apporter une culture du digital dans l’organisation. Digitaliser ses services c’est bien, mais il s’agit surtout de digitaliser les « hommes ». La réussite de la digitalisation passe par un changement de culture, des modes de fonctionnement et des processus.

Quel est le profil idéal du CDO ?

C’est à la fois une personne dotée d’une culture digitale qui comprend rapidement les tenants et les aboutissants des technologies pouvant s’intégrer dans l’entreprise, mais aussi d’une bonne connaissance de l’entreprise lui permettant d’évaluer ce qu’il est possible de faire. De nombreuses options peuvent être proposées à une entreprise dite « traditionnelle », mais, toutes ne seront pas forcément adaptées à sa culture, son fonctionnement… Il faut prendre en compte la réalité et évaluer la capacité de l’entreprise à inclure des technologies.

Le CDO doit être un communicant alors…

Tout à fait. Il doit apporter un conseil de communicant, pouvoir manager ce changement, être capable de soutenir, convaincre en interne, expliquer pourquoi l’entreprise doit aller vers cet univers.

Dans l’idéal, c’est une personne de la génération X avec une vision de la génération Y. Il a ainsi une compréhension exacte de la philosophie de la digitalisation, une vraie vision, avec de réelles capacités à manager dans le contexte de l’entreprise.

Sa qualité première est d’être capable de comprendre la mutation qui s’impose dans sa globalité, de comprendre la profondeur de la digitalisation. C’est une personne apte à déceler les capacités de l’entreprise en matière de digitalisation, qui sent le changement, et sait briser les « silos » de l’entreprise. C’est aussi un « visionnaire », capable de distinguer les phénomènes à suivre et ceux à ne pas suivre.

Que conseillez-vous aux personnes que vous formez ?

Avant tout, je leur dis de considérer que leur formation n’est jamais terminée. C’est une erreur d’imaginer que l’on va donner une méthodologie clé en main en formation. Nous sommes dans un environnement disruptif, un environnement dans lequel la différence, l’originalité font la différence. Si l’on adopte les mêmes méthodes que tout le monde, on ne peut atteindre ses objectifs : il faut être innovant. Aussi, avant de rechercher une méthode, j’incite plutôt à acquérir une « culture » digitale.

On vit la digitalisation plus qu’on ne l’apprend. Pour exemple, le principe de la digitalisation ne commence pas à 9 heures pour terminer à 17 heures. Il se passe toujours quelque chose sur un terminal mobile !

romain rissoan
* Romain RISSOAN
Consultant Formateur indépendant en digitalisation des entreprises, il intervient sur Lyon, Paris et Marseille comme Expert du digital pour des PME et des grands groupes. Ses actions de conseil et formation sont dédiées à des décideurs ou des managers en vue de réflexions sur les positions stratégiques digitales.

** Étude 2015 Strategy & portant sur 1 500 entreprises —

http://www.itespresso.fr/transformation-digitale-chief-digital-officer-cherche-marques-118442.html

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